10 mar. 2012

DE SANG-FROID. LE ROMAN-RÉALITÉ. Truman Capote

Original en ESPAÑOL por su autora.
Licencia Creative Commons   Versione in ITALIANO da Beatriz ORBEA MARTÍNEZ.
Licencia Creative Commons
ENGLISH Version by Beatriz ORBEA MARTÍNEZ.



    De sang-froid a été écrit en 1965, par Truman Streckfus Persons (qui a adopté le deuxième nom de son beau-père cubain, Joe García Capote), après un travail d'intense recherche journalistique commencé six ans auparavant, moment où les Clutter (Herbert, Bonnie, Nancy et Kenyon), une famille de fermiers typique de Holcomb,  Kansas, furent assassinés sans mobile apparent par une paire de psychopathes, Perry Smith et Dick Hickock.


      Avec ce roman, où l'auteur fusionne son habileté de journaliste avec celle d'écrivain, Capote fait un tour copernicien dans la narrative de la fin des années 50, en créant le genre de la non-fiction-novel (roman-réalité). Pour cela, il s'est servi d'enquêtes ardues, de documents policiers, d'interviews avec les concernés..., toute une série d'outils réels qui constitueront un référent pour le nouveau journalisme américain. 

      Je remarque la crudité dans la récréation des ambiences, des faits et des descriptions et la maîtrise dans le portrait des personnages dont la complexité psychologique conduit le lecteur à s'abandonner sans réserves à la trame. Pourtant, le plus incroyable c'est que Capote réussit qu'on souhaite comprendre les assassins; il fait qu'on se demande leurs motivations et, à un certain moment, on découvre que les protagonistes sont Smith et Hickock autant que les Clutter. Comment y parvient-il?... En faissant préuve de "l'humanité" (très entre guillemets) de Perry Smith, son psychopathe préféré, dont le comportement la nuit du crime réveillera, probablement, chez lui l'inquiétude pour raconter cette histoire.

      Après avoir lu La famille de Pascual Duarte, roman qui inaugure le Tremendismo (mouvement préalable au roman social des années 50, en Espagne), avec cette oeuvre je retrouve que "le méchant" n'est pas seulement un monstre mais qu'il a, aussi, un côté capable et susceptible de compassion.  Les choses ne sont pas blanches ou noires. Truman Capote a trouvé toutes les nuances et avec celles-ci il nous a plongé dans le récit d'un crime où il mélange étonnamment un langage littéraire raffiné avec un autre tout à fait nu et sanglant tel que celui de la chronique de la réalité. 

       Quand on lit De sang-froid, on rêve avec ce roman et on veut plus... 



       En 1967 Richard Brooks mène au cinéma cette non-fiction-novel. Et en 2005, c'est  Benneth Miller qui le fait sous le titre Capote, film où, en plus d'expliquer l'histoire du quadruple assassinat nous raconte celle du propre écrivain mit face à ce nuisible, dont parle Cortázar, qui le possède et qui ne le laisse pas vivre jusqu'à ce qu'il ne parvient pas à s'en défaire lui donnant une vie propre avec sa plume.
    Ce qui frappe plus mon attention dans ce film, si le scénario est fidèle à la vérité, est le double rôle que joue Capote: celui de manipulateur qui sera capable d'allonger à plusieurs reprises la vie des protagonistes, en demandant et "en achetant" des suspensions de sentence jusqu'à obtenir d'eux les données nécessaires pour finir son oeuvre; et celui de l'homme qui compatit visceralément un des assassins en vertu du fait que les deux ont partagé une profonde solitude infantile dans un milieu destructuré. Exceptionnelle la minute où Capote dit: "Lui et moi, nous avons vécu dans la même maison, mais à l'heure de partir Perry est sorti pour la porte de derrière et moi pour celle de devant." 


Il disait de lui même:
"JE SUIS ALCOOLIQUE. JE SUIS TOXICOMANE.
JE SUIS HOMOSEXUEL... JE SUIS UN GÉNIE"
  (À Cecilia Guiter
en remerciement et 
pour autant de choses en commun.)


DE SANG-FROID. LE ROMAN-RÉALITÉ. Truman Capote,
 por Mª Pilar Álvarez Novalvos.
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         AMOURS IMPOSSIBLES           

2 comentarios:

  1. Anónimo11/3/12 8:53

    "Vous ne serez jamais aller au lit sans savoir quelque chose de nouveau"
    Un article très très intéressant..

    Maia S.

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  2. Ravie qu'il vous ait apporté qqch.

    Merci. *=)

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